Les Ateliers Bulgares, mars 2021

Nous laissons la parole à Marie-Neige, installée en Bulgarie avec son mari depuis avril 2007 : 

L’activité а été intense pour nous peu avant les fêtes; nous avons dû jongler entre honorer un maximum de commandes pour que le stock soit en France au moment du déconfinement, alors que nous étions nous-mêmes au sein d’un pic épidémique dans notre ville, qui nous avait conduit par précaution à envoyer chacune des couturières coudre chez elle. Malgré cela deux couturières ont été touchées (elles sont belles-sœurs) et ont été mises en congé maladie. Heureusement malgré deux semaines éprouvantes, elles et leurs familles se sont remises. 

Nous avons repris le travail début janvier- après la pause des vacances de Noël- à un bon rythme puisque nous envoyons un gros carton de stock tous les 15 jours. Les couturières ont parfois des produits attitrés. Ainsi, en ce moment, Gallia fabrique les maniques repose-four , Evgenia s’occupe des kits naissance, et Joana des trousses en tout genre. Pour ma part je ne m’occupe guère que de l’approvisionnement en fournitures, de la traduction des commandes ou de l’envoi des stocks. Joana, notre chef d’atelier, supervise ou réalise de façon parfaite tout le reste : tester les nouveaux patrons, voire en fabriquer, former les autres couturières sur les nouveaux produits et suivre la production au quotidien, être attentive aux besoins ou problèmes qu’elles rencontrent, nous aviser si besoin.  

En plus de ces trois couturières en CDI,  Il y a parfois une personne ou deux qui viennent se former ou faire un travail ponctuel pour les ateliers- ici une jeune lycéenne bientôt sur le départ pour des études. Dans un village plus éloigné une mère et sa fille enceinte travaillent sur une machine que nous leur prêtons. Il s’agit alors de contrats à la tâche selon ce que nous avons en commande et ce qu’elles savent faire. Comme il s’agit pour ces femmes d’une bouffée d’oxygène pour joindre les deux bouts, nous essayons en coordination avec l’équipe française de leur donner un travail régulier. 

Nous sommes très reconnaissants car  malgré  la crise COVID, grâce aux acheteurs français et à l’équipe de RETIM qui lançait justement son site de vente en ligne, nous sommes en équilibre. Les ventes ont ainsi pu se poursuivre malgré les confinements. Nous n’avons pas eu de baisse d’activité et RETIM nous soutient activement par le travail fourni, les ventes faites pour nous, l’achat de tissus, même si de notre côté, au fil des années nous avons pris plus d’indépendance pour l’achat de fournitures. Bref, ça tourne… nous en sommes très heureux.  

Nouvel arrivage sur le site de vente en ligne

Vous avez déjà été nombreux sur le tout nouveau site retim.fr et nous vous en remercions. Grâce à un arrivage la semaine dernière en provenance de Bulgarie, nous pouvons déjà vous proposer des nouveautés :

Vous trouverez surtout une nouvelle section : « Bois » avec des jeux, des planches à découper.

De nouveaux articles de cuisine : sacs à pain, sacs à tarte

Des trousses, des capes de bain et d’autres articles pour enfants.

Et de nouveaux coloris pour les articles déjà existants. N’hésitez pas à cliquer sur les produits pour avoir plus de choix de coloris .

Les Ateliers Bulgares déménagent

L’atelier a été créé en 2011 dans une pièce d’environ 12 m2, pris en étaux entre deux voisins. Il fallait veiller à ne pas utiliser les machines ni trop tôt le matin, ni dans l’après-midi, car entre 2h et 4h il fallait respecter la pause de midi bulgare. Pendant ces années, l’atelier a cependant bien fonctionné et a vu le passage d’une bonne quinzaine de couturières. 
Cependant l’atelier et les dons de couturières grandissant, il devenait nécessaire d’allonger le temps de travail. Or comment embaucher à plein temps, s’il n’y est pas possible d’y coudre? Depuis l’arrivée de Joana parmi nous courant février se posait donc la question du déménagement de l’atelier, que nous avons finalement pu réaliser ce mois de juin. 

Cependant les qualifications et le nombre de couturières grandissant, il devenait nécessaire d’allonger le temps de travail. Or comment embaucher à plein temps, s’il n’ est pas possible d’y coudre? Depuis l’arrivée de Joana parmi nous courant février se posait donc la question du déménagement de l’atelier, que nous avons finalement pu réaliser ce mois de juin.

Il a fallu d’abord isoler le sol du local choisi (qui reste très proche de chez nous). En effet, l’hiver, en position statique pendant plusieurs heures, les pieds des couturières auraient souffert. Nous avons donc mis un isolant mince et un parquet flottant. 
Ensuite il a fallu monter les meubles puis déménager!

Les couturières disposent désormais d’un large poste de travail où nous pouvons nous tenir à 5, d’une vaste surface de découpe qui ne manque pas de ressources puisqu’il y a des tiroirs partout !

L’espace dont nous disposons maintenant nous est très agréable à toutes. 

Nous en profitons pour vous présenter Evgenia, une voisine qui a de vrais talents de couturière et qui aime le travail soigné. Elle est avec nous depuis février également.

Joana a une formation dans la couture et son expérience nous est bien utile, c’est elle qui prend en charge désormais les débutantes qui se présentent à l’atelier et qui coordonne et vérifie l’ensemble du travail qui y est réalisé.

Joana
Les chaussons cousus aux Ateliers Bulgares

Nous avons également aménagé un espace pour pouvoir donner des cours de soutien aux enfants qui le souhaitent. La directrice de l’école privée Team Etud’ est venue prêter main forte aux bénévoles pendant ses vacances.

Marie-Neige

Les commandes RETIM affluent au CEP !

Voici un moment que l’on ne vous avait pas donné de nouvelles d’Elisa, la jeune couturière accueillie au CEP, à Tananarive. Elisa avait déjà confectionné des articles pour RETIM qui se sont bien vendus. Nous avons donc la joie de lui en commander de nouveaux : Une dizaine de vêtements (jupes et robes pour petites filles de 2 à 10 ans) sont en cours de confection.

L’année dernière, grâce à l’argent versé par RETIM, Elisa avait fait l’acquisition de sa machine à coudre. A présent, elle a voulu continuer à s’équiper en achetant une planche à repasser ainsi qu’un fer, ce qui lui facilite une partie de son travail.

Cette nouvelle commande a donc ouvert de nouvelles perspectives et lui donne toujours plus d’assurance ainsi que la maîtrise des patrons, du montage et des finitions de ses ouvrages. Quand elle aura plus d’expérience, elle  aimerait trouver un travail ou monter sa boutique. En attendant RETIM lui offre un bon terrain d’apprentissage.

Voyage en Bulgarie 2 : Les ateliers

Visite des ateliers Bulgares : moment sympathique avec Marie-Neige, responsable de l’atelier couture. Elle nous présente le travail, demande des précisions, nous essayons de l’aider…

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On sort les tissus, les patrons, les feuilles d’instructions…

Voilà des tabliers d’enfant, des serviettes à élastique et les futurs chaussons…Nous avons hâte de les voir arriver sur nos stands!

Depuis environ quatre ans nous vendons aussi sur nos stands des objets en bois fabriqués par un couple de Bulgares : Emo et Yva, que nous avons eu la joie de revoir. Ils vivent à 3 heures de route de Montana.

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Yva à droite, nous n’avons pas réussi à photographier Emo!

 

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Des porte-i pad

Emo et Yva fabriquent des puzzles, des barrettes en bois, des miroirs, des patères, etc.

Nous les encourageons à continuer !

 

Naissance d’un atelier couture à Madagascar

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Après une année de couture dans une école, Elisa a constaté qu’elle avait encore beaucoup de lacunes. Grâce au soutien de RETIM cette année, elle a pu suivre un cours de perfectionnement. Sa couture a beaucoup évolué et elle a acquis petit à petit une assurance remarquée de tous. Son handicap concernant le français l’a longtemps bloquée mais depuis qu’elle a suivi des cours à l’Alliance Française, elle commence à parler, quoique encore timidement.  Elle commence petit à petit à accepter des commandes de l’extérieur : nappes ou robes d’enfants pas trop compliquées mais c’est déjà un début.  Elisa est également une monitrice d’enfants très sérieuse et a de la patience et beaucoup d’amour envers les touts petits. Elle est une perle à ce niveau et nous admirons son dévouement.

Vololona

(Responsable de l’atelier couture au CEP)

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Elisa, qui est déjà bien qualifiée !

« Bonjour à toute l’équipe Retim, je suis à mi-parcours de mon cours de perfectionnement. Je viens de finir les modules robes et pantalons. La semaine prochaine j’entamerai les modules vestes hommes et dames. Suivront ensuite les différentes sortes de jupes. Je trouve le cours dur physiquement et moralement mais je persévère, j’ai réussi à surmonter ma peur et je fais confiance au Seigneur. Je suis reconnaissante du soutien que vous avez apporté à mon égard et vous remercie énormément. Mon objectif est d’avoir un jour une boutique pour vêtements d’enfants et d’aider les jeunes filles qui veulent apprendre la couture. Mon français écrit avance petit à petit mais j’ai encore du mal à parler couramment. Je vous embrasse très fort. Elisa »

Vous pourrez trouver les articles cousus par Elisa sur nos stands !

 

 

 

 

L’origine des Ateliers Bulgares

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Pour commencer l’année 2016, nous avons demandé à Marie-Neige, la responsable des Ateliers Bulgares de nous raconter dans quel contexte les Ateliers ont été créés :

Un bref regard en arrière pour saisir les enjeux de ce beau travail.

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 » La Bulgarie est le pays le plus pauvre de l’union européenne. Or nous avons découvert sur place, que la région du nord-ouest est elle-même la région la plus pauvre de la Bulgarie. Nous avons donc vite constaté sur place une très grande proportion de chômeurs. Il y a bien quelques usines, mais le salaire ne suffit aucunement à vivre et les conditions de travail sont difficiles. Beaucoup de bulgares et de tziganes (car il y a une forte population tzigane) partent pour l’étranger où ils pensent réussir comme certaines connaissances. Hélas, la réalité est souvent bien plus sombre. Beaucoup se retrouvent à mendier en France, en Allemagne, en Hollande, en Italie… D’autres tombent dans les mains d’escrocs et reviennent à vide. Enfin une partie est piégée dans les griffes des réseaux de prostitution. Bien des annonces sont des pièges déguisés. Difficile de faire la part des choses quand le rêve est dans la tête face au non-avenir que les jeunes ressentent ici en sortant de l’enseignement secondaire. »

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Vue d’ensemble de Montana

 » Comme les parents partent à l’étranger, les enfants sont livrés à eux-mêmes ou confiés à une grand-mère. Ces enfants qui grandissent sans parents deviennent vulnérables dans leur propre pays : abandon précoce de l’école, délinquance pour les garçons, prostitution pour les filles. Loin d’être des clichés, c’est hélas ce que nous avons constaté chez les personnes que nous côtoyons.

C’est ainsi qu’en mai 2010 en partageant avec nos amis français ces difficultés, nous décidons de créer RETIM et son corollaire bulgare: MSD (littéralement : Action solidaire de Montana), dans le but de créer des emplois pour éviter aux parents de partir en France ou à l’étranger. »

 

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Les Ateliers Bulgares

 » La ville de Montana ayant beaucoup de firmes de couture, il nous avait paru judicieux (mais aussi accessible à notre budget) de créer un atelier de couture. Dans le courant de l’automne, l’association est créée et l’atelier lancé. Nous pouvons désormais former des débutantes à la couture. Cette expérience leur permettra ensuite de pouvoir trouver un travail plus facilement, tout en continuant à travailler pour recevoir un complément éventuellement. »

Marie-Neige