Entretien avec Daniel Tolno

Le responsable du Centre Esaïe 58 en Guinée est venu quelques jours en France, nous avons saisi l’occasion pour lui poser quelques questions sur la vie quotidienne au Centre :

Retim : Nous savons que du riz est cultivé chaque année. Y en aura-t-il à nouveau?

Daniel Tolno : L’AAEG (Aide Aux Enfants de Guinée) continue à cultiver du riz pour conduire le Centre à l’autonomie alimentaire. Cette année nous avons voulu cultiver cinq hectares de riz, mais nous sommes empêchés par le propriétaire du bas-fond. Pour avoir cinq hectares nous avons proposé de louer quatre autres à un tiers.

Retim : Combien y a-t-il de récoltes par an ?

D.T. : Une récolte par an.

R. : Y a-t-il d’autres cultures ? Lesquelles ?

D.T. : En plus du riz nous cultivons des légumes en saison sèche. Ces légumes sont utilisés pour les condiments. Il est difficile de chiffrer la rentabilité de ces produits maraîchers parce que le rendement était médiocre pour cette saison.

R. : Ces productions peuvent-elle couvrir le besoin en riz du Centre Ésaïe 58 ?

D. T. : Même si nous avons récolté 5 tonnes l’année dernière, ces productions ne peuvent pas couvrir complètement les besoins en riz du Centre Ésaïe 58 parce que le nombre de personnes accueillies s’accroît chaque trimestre. 17 personnes pour le premier trimestre de 2017. Le troisième trimestre de 2017  nous avons compté 27 personnes au Centre. Le 15 septembre 2018 le Centre avait un effectif de 42 personnes dont 34 enfants et 8 encadrants. Ce changement en effectif se justifie par le besoin d’accueil qui se présente à nous.

R. : Qui cultive les champs ?

D. T. : En 2017 l’agriculture était faite par tous les encadrants et d’autres personnes qui venaient des villages voisins. Du labour à la récolte 45 personnes. L’an passé nous avons utilisé les machines pour labourer et récolter du riz. Ceci a réduit la main d’œuvre et a donné un rendement meilleur. Cette année nous avons engagé un agronome en vue de promouvoir une meilleure récolte. Mais nous sommes confrontés à de nombreuses difficultés : le décès de ses parents.

R.: Avez-vous des animaux au Centre ?

D. T. : Nous avons deux chiennes au Centre. Elles jouent le rôle de gardien de nuit. Nous avons aussi des poules et les coqs qui nous servent pour leur chair.

R. : Comment les enfants participent-il au travaux liés à l’agriculture?

D. T. : Les enfants aident aux activités agricoles selon le besoin et leur capacité. La surveillance des oiseaux, le transport du riz et quelques matériels au bas-fond. Ils apportent le repas aux travailleurs qui travaillent dans le bas-fond. Ils participent au repiquage du riz. Ils participent aussi à l’arrosage des cultures maraîchères : tomates, aubergines, combo et maïs.

R. : Y a-t-il de nouveaux enfants accueillis depuis le passage de Daniel et Jérémie en février?

D.T. : Depuis le départ de Daniel et Jérémie en février 2019 nous avons accueilli un enfant. Elle s’appelle Sita Mansaré âgée de trois ans.

R. : Peux-tu nous rappeler le planning de l’année scolaire en Guinée? La rentrée est-elle en septembre comme en France?

D.T. : Le système de formation en Guinée est axé sur le modèle français. Normalement la rentrée est en septembre. Mais l’instabilité politique et la grève des enseignants font que ce programme est troublé. Cette année par exemple les enseignants ont fait 4 mois de grève. Ce qui a joué sur l’exécution des programmes scolaires au niveau national. Ceci va aussi agir sur la rentrée scolaire prochaine. Mais École Ésaïe 58 échappe à cette perturbation parce que nous sommes éloignés du centre ville et que les enfants sont accueillis et suivent les cours sur place. Cependant les grands enfants qui sont au collège et au lycée ne sont pas épargnés par cette perturbation même s’ils attendent la rentrée au Centre Esaïe 58.

R. : Nous sommes actuellement au mois de juin. En France ce sont les examens de fin d’étude (brevet, baccalauréat). Est-ce le cas en Guinée ?

D.T. : Normalement ça devrait être le même cas en Guinée. Mais avec la perturbation des cours le brevet et le baccalauréat sont reportés pour le mois de juillet. Et là encore les dates restent à définir.

Une classe dans la nouvelle aile du centre.

R. : Les enfants du Centre devront-ils passer des examens scolaires ? Certains passent-t-ils le bac ?

L’an passé nous avons eu des enfants du Centre qui ont passé les examens nationaux. Mais cette année nous n’avons aucun candidat. Cependant l’an prochain nous aurons 13 candidats aux examens nationaux.

R.: Certains d’entre eux passeront-ils le bac ?

D.T. : Oui. Damaris devra passer le bac l’an prochain.

R. : Avez-vous aussi deux mois de vacances d’été ? Que font les enfants pendant ce temps? Comment sont-ils occupés ?

Daniel T. : Oui. Nous avons deux mois de vacances d’été. Pendant cette période certains enfants vont saluer les amis, les familles d’accueil. Certains restent au Centre et aident aux travaux du bas-fond. Ceux qui ont des difficultés scolaires reçoivent les cours de mise à niveau. Nous recevrons aussi les nouveaux accueillis pour l’année académique 2019-2020.

Merci Daniel, pour avoir pris le temps de nous répondre.

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